The Art Gallery Problem
Artistes : Kent Chan, Nikita Gale, Matt Nish-Lapidus, Anahita Norouzi, Karthik Pandian, Jeremy Toussaint-Baptiste
Commissaire : Fraser McCallum
Coprésentation avec The Blackwood, Université de Toronto Mississauga
Du 5 février au 4 avril 2026
Vernissage le 5 février 2026 à 18 h
— Événement Facebook
Le « problème de la galerie d’art » est un problème mathématique bien connu, fondé sur une question simple : combien d’agent·es de sécurité ou de caméras sont nécessaires pour surveiller l’ensemble d’un espace d’exposition? Ce problème, appliqué à des configurations spatiales et des plans de salles variés, met les étudiant·es en mathématiques au défi d’assurer une surveillance complète d’un espace tout en mobilisant un minimum de ressources humaines ou technologiques. Pourtant, les grands musées et galeries ne s’en servent pas, bien qu’il reflète leurs opérations courantes. Il demeure tout de même un cadre dominant pour penser les modalités de présentation des œuvres.
Cette exposition s’approprie le problème de la galerie d’art pour interroger la manière dont les objets et les corps sont mis en jeu dans les galeries et les musées. Le « problème » n’est pas univoque, contrairement à ce que suggère l’approche mathématique. La présentation de l’art excède largement la sécurisation des objets : elle engage aussi des questions de récit, de représentation, d’hégémonie et d’accès au savoir.
Le problème de la galerie d’art met en lumière un ensemble de présupposés implicites à l’œuvre dans les musées et autres lieux d’exposition, notamment en ce qui concerne les normes de surveillance, de travail, de visualité, de droit et de propriété. Alors qu’un travail humain considérable et diverses technologies sont mobilisés pour la préservation et la présentation des objets, il convient de se demander : les normes d’exposition et de présentation servent-elles autant les publics que les institutions? Quelles sont les alternatives à la réification, à la permanence, à la propriété et à la surveillance? Quelles sont les autres manières de vivre avec les objets?
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Vidéo à deux canaux, 24 min 22 s.
Courtoisie de l’artiste.Distribution : Urutau Guajajara (Cacique / Chef de l’Aldeia Maracanã), Hugo Rodrigues Grativol, Antonio Daniel Bezerra Duarte, Jonathan William dos Santos Lima
Réalisation : Liz Borges Tibau
Scénario et direction : Kent Chan
Direction de la photographie : Louise Botkay Courcier
Montage : Kent Chan, Nina Djekić
Musique : Raiany Sinara
Remerciements : Monica Hoff, Sylvia Monasterios, Juliana Sampaio, Lorenzo CaldanaLe nouveau film de Kent Chan, The Burning of a Museum, établit un parallèle entre l’incendie de 2018 qui a détruit le Musée national du Brésil et la déforestation continue de l’Amazonie. Les flammes ont anéanti une grande partie de l’une des plus importantes collections mondiales d’histoire naturelle et d’anthropologie, tandis que l’Amazonie, en régression rapide, représente plus de la moitié des forêts tropicales encore existantes de la planète et englobe des territoires relevant de neuf nations ainsi que 3 344 territoires autochtones officiellement reconnus.
Chan propose un changement de paradigme consistant à requalifier la forêt tropicale en musée : au lieu d’un territoire dense et entropique, le film suggère qu’elle offrirait des conditions environnementales stables, comparables à celles maintenues par un système de contrôle climatique. Des températures et des heures d’ensoleillement saisonnières régulières contribuent à créer un écosystème stable, ce qui se traduit par un taux d’extinction des espèces plus faible. Motivé par des phénomènes parallèles de destruction, The Burning of a Museum s’interroge sur ce que signifierait atténuer les distinctions entre nature et culture afin d’aligner les valeurs du musée sur celles de la forêt tropicale.
Kent Chan est un artiste, commissaire et cinéaste basé aux Pays-Bas et à Singapour. Sa pratique s’articule autour de rencontres entre l’art, la fiction et le cinéma, créant un triumvirat d’œuvres poreuses tant dans leur forme que dans leur contenu et leur contexte. Il s’intéresse particulièrement à l’imaginaire tropical, aux relations passées et futures entre la chaleur et l’art, ainsi qu’aux remises en question des héritages de la modernité en tant qu’épistémologie par excellence. Son travail est composé d’images en mouvement, de textes, de performances et d’expositions.
Kent Chan été en résidence à Gasworks (Londres), à Art Explora (Paris), au MMCA Residency Changdong (Séoul), à Pivô Research (São Paulo), à la Jan van Eyck Academie (Maastricht) et au NTU CCA Singapore. Il a présenté des projets en solo et en duo, notamment à Gasworks (Londres), au Kunstinstituut Melly (Rotterdam), au Bonnefanten Museum (Maastricht), au National University Singapore Museum et à de Appel (Amsterdam).
Ses œuvres et ses films ont été présentés dans des institutions et des festivals, dont la Tate Modern (Londres), la Biennale de Liverpool, le Videobrasil (São Paulo), le Festival international du film de Rotterdam, la Biennale Mediacity de Séoul, le Times Museum (Guangzhou), le EYE Film Museum (Amsterdam), la Onassis Stegi (Athène) et la Bienalsur (Buenos Aires). Il est lauréat en 2023 du prix Paulo Cunha e Silva et de l’Impart Art Prize, et lauréat en 2021 du Foundwork Artist Prize. Ses œuvres font partie des collections, entre autres, de la Fondation Kadist, de la Rijkscollectie des Pays-Bas, du Bonnefanten Museum, et de la Galerie für Zeitgenössische Kunst Leipzig.
Ce projet a été soutenu par la Galeria Municipal do Porto, la Pivô - Arte e Pesquisa, la Blackwood Gallery, University of Toronto Mississauga, le Mondriaan Fonds et le National Arts Council Singapore. -
Plexiglass, amplificateur, clavier, synthétiseur, haut-parleurs, calcite, et piste audio stéréo.
Courtoisie de la Petzel Gallery, New York.Dans GRAVITY SOLO III (HYPERPERFORMANCE) de Nikita Gale, des pierres de calcite « jouent » d’un clavier, produisant une note tenue dont la tonalité se modifie subtilement avec le temps. La calcite est un minéral principalement composé de calcium — le cinquième élément le plus abondant sur Terre, lequel constitue également 99 % du squelette humain. L’œuvre réunit, dans une performance de longue durée, des agent·es impossibles à réconcilier : la finitude humaine, le temps géologique et la gravité. Conforme à l’intérêt soutenu de l’artiste pour la performance, ses structures sociales et ses échafaudages matériels, GRAVITY SOLO met en scène des performeur·euses non humain·es dans une performance qui excède largement les limites de l’attention humaine.
Nikita Gale est artiste et vit et travaille à Los Angeles, en Californie. Nikita Gale est titulaire d’un baccalauréat en anthropologie, avec une spécialisation en études archéologiques, de l’Université Yale, ainsi que d’une maîtrise en pratiques artistiques contemporaines (New Genres) de l’UCLA. Le travail de Nikita Gale explore les relations entre les matériaux, le pouvoir et l’attention. L’aspect central de sa pratique est fondé sur les structures qui façonnent l’attention, qui déterminent ce qui — ou quoi — est vu, entendu, enregistré, mémorisé et cru.
Les installations de Nikita Gale, souvent composées de béton, de barricades, de vidéo ainsi que de dispositifs sonores et lumineux automatisés, brouillent les frontières formelles et disciplinaires, tout en abordant des enjeux liés à la médiation et à l’automatisation dans la performance contemporaine.
Les œuvres de Nikita Gale ont récemment été présentées à la Biennale du Whitney 2024, à 52 Walker, au MoMA PS1, au Swiss Institute, au Studio Museum in Harlem (New York), à Chisenhale Gallery (Londres), au Kunstraum Kreuzberg/Bethanien (Berlin), au California African American Museum, à LAXART, ainsi que dans l’exposition Made in L.A. 2018 au Hammer Museum (Los Angeles). Son travail est représenté par Petzel, 56 Henry (New York), Commonwealth and Council (Los Angeles) et Emalin (Londres).
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Logiciel conçu par l’artiste, écrans, Raspberry Pi, trépieds, câbles et composants électroniques.
Commandée par The Blackwood.
Courtoisie de l’artiste.Imaginary Volumes, créée spécialement pour cette exposition, simule le problème de la galerie d’art à l’aide d’un logiciel développé par l’artiste et de technologies grand public. Des sculptures à l’échelle humaine, faisant office de substituts aux agent·es de sécurité, sont équipées d’écrans qui miment un regard de surveillance et affichent des rendus de la galerie. Toutefois, Nish-Lapidus ne se limite pas à reproduire des technologies de surveillance, il imprègne son œuvre d’hybris et de fragilités, nourrie par l’histoire et les limites de la conception assistée par ordinateur.
Nish-Lapidus a créé un modèle itératif d’espace d’exposition, où les volumes de l’espace se déplacent et se transforment subtilement d’une occurrence à l’autre. Chaque sculpture physique est dupliquée dans l’environnement simulé pour figurer un·e « agent·e de sécurité », et le modèle s’ajuste pour suivre le rythme de cette architecture instable. L’ensemble donne l’impression d’un flux continu, soulignant l’incapacité de la logique mathématique à appréhender pleinement la fluidité et les nuances du réel.
Nish-Lapidus puise dans les traditions littéraires et informatiques qui vont à rebours de l’optimisme technologique, tout en adoptant l’esthétique des premiers rendus spatiaux générés par ordinateur dans les années 1970. Inspirée par les structures labyrinthiques de Jorge Luis Borges, les architectures impossibles de Giovanni Battista Piranesi et les mises en garde du théoricien des technologies Joseph Weizenbaum, Imaginary Volumes présente le problème de la galerie d’art comme un affrontement insoluble entre l’espace réel et l’espace virtuel.
Matt Nish-Lapidus est un artiste et musicien basé à Tkaronto/Toronto. Sa pratique plurielle interroge le mythe selon lequel les ordinateurs devraient être utiles plutôt que beaux, en examinant la technoculture contemporaine, ses histoires et ses impacts sur la société, les individus et sa propre vie. Son travail prend des formes variées : publications, enregistrements sonores, installations, performances, logiciels, et objets.
Matt Nish-Lapidus a présenté son travail et s’est produit à l’échelle locale et internationale, notamment au MOCA, à The Power Plant, à InterAccess (Toronto), à la Biennale INDEX (Braga), à ACUD Macht Neu (Berlin), à Electric Eclectics (Meaford), au ZKM (Karlsruhe), ainsi que dans de nombreux espaces communautaires autogérés. La présence en ligne et hors écran de l’artiste se trouve également sous différents alias et collaborations, dont emenel, New Tendencies et <blink>.
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Journaux historiques achetés sur eBay, calcaire, transfert d’image sur vélin en peau de chèvre naturelle.
Courtoisie de l’artiste et de la Galerie Nicolas Robert.Cette série d’œuvres se penche sur la collection d’artefacts inventoriés de l’Oriental Institute de l’Université de Chicago, qui comprend quelque 350 000 objets provenant d’Égypte, de Perse, de Mésopotamie, de Syrie et du Levant.
Réalisée en calcaire, la série reproduit des vestiges issus de fouilles menées sur les ruines de Persépolis et conservés à l’Oriental Institute. Chaque objet, accompagné de l’image correspondante extraite des registres du catalogue, est enveloppé dans du papier journal, imitant la manipulation hâtive d’artefacts pillés. Les silhouettes détourées de ces fragments, transférées sur parchemin, évoquent un sous-texte effacé ainsi que les traces mnésiques de l’archive et de l’archaïque – la peau de chèvre renvoie matériellement à l’usage du palimpseste comme méthode ancienne de réinscription. La distanciation d’objets déjà arrachés à leur contexte est mise en regard de manchettes récurrentes relatant le sort des 52 Américain·es retenu·es en otage par des étudiant·es iranien·nes à l’ambassade des États-Unis à Téhéran entre 1979 et 1981.
Plus de trente ans après le retour des otages américain·es aux États-Unis, des batailles juridiques ont éclaté autour des demandes d’indemnisation via la saisie d’actifs iraniens, parmi lesquels la collection de biens patrimoniaux iraniens s’est trouvée partiellement en cause. Les œuvres mettent en lumière les litiges au cours desquels des victimes ont tenté d’obtenir réparation au moyen des produits de la vente d’antiquités iraniennes conservées à l’Oriental Institute – recours finalement rejeté par la Cour suprême des États-Unis en février 2018.
Anahita Norouzi est une artiste multidisciplinaire, originaire de Téhéran et active à Montréal depuis 2018. Sa pratique, fondée sur la recherche et nourrie par des histoires marginalisées, s’intéresse aux enjeux de l’extraction des ressources, du colonialisme et des relations entre les humains et le territoire.
Déployé à travers une variété de matériaux et de médiums — dont la vidéo, la sculpture, l’installation et la photographie — son travail remet en question l’autorité institutionnelle en se réappropriant des récits personnels et des mémoires collectives inscrites dans les archives, les collections muséales et les pages d’herbiers. Il analyse ainsi les modes de fonctionnement du pouvoir à travers les systèmes de classification, de représentation et d’effacement historique.
Les œuvres de Norouzi ont été présentées à l’international, notamment à BIENALSUR (Buenos Aires), au Musée des beaux-arts du Canada (Ottawa), au Musée des beaux-arts de Montréal, au Royal Ontario Museum (Toronto) et au Musée national des beaux-arts du Québec. Elle a reçu de nombreuses bourses et distinctions, dont le Prix de la création en arts visuels de la Fondation Grantham, le Liz Crockford Artist Fund Award et le Vermont Studio Center Merit. Elle est lauréate du Prix en art actuel du Musée national des beaux-arts du Québec (2023) et de la résidence Empreintes du Musée des beaux-arts de Montréal (2022). Elle a été finaliste du Magic of Persia Contemporary Art Prize et du Prix Sobey pour les arts (2023).
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மனசு (manasu) (2024)
22 min
Courtoisie de l’artiste.Mandala 01 (2024)
Crayon aquarelle sur papier.« Bonjour, je peux me joindre à vous ? » — « Ça dépend de c’est quoi tes intentions. » மனசு (manasu) de Karthik Pandian déploie un récit fleuve et sinueux autour des liens qui se créent et des distances qui se réduisent. Le film rejoue la première rencontre de l’artiste avec Mike Forcia, militant de l’American Indian Movement, dans un campement de personnes autochtones sans logement à Minneapolis, en 2021. Recourant à la reconstitution et à des chutes de tournage pour raconter cette rencontre décisive, il retrace les collaborations ultérieures du duo, qui s’inscrivent dans le vaste cycle Forsythia, sous la forme de performance publique, de musique, de cérémonie et de création artistique.
Dans la langue ancestrale sud-indienne de Pandian, le tamoul, மனசு (manasu) signifie à la fois cœur et esprit. Le film cherche à réparer ce lien mis à mal par la langue anglaise, les Lumières et le colonialisme, en s’arrêtant en chemin sur d’autres rapprochements – traductions incertaines, confluences fluviales et parentés forgées dans une « indianité » partagée entre l’Île de la Tortue et l’Asie du Sud – suggérant des manières de travailler ensemble dans la différence. Chez Pandian, la différence apparait comme une source de force porteuse d’un potentiel d’élan, perceptible ici dans le rire, l’inconfort et la sincérité des liens nécessaires pour véritablement avancer ensemble.
Le cycle Forsythia de Pandian est un projet multiforme qui prend sa source dans le soulèvement de 2020 à Minneapolis et dans le déboulonnage, par des militant·es, du monument à Christophe Colomb dans le Minnesota. Fruit d’une collaboration à long terme, il aborde des enjeux de colonisation, de traduction, de responsabilité et de reddition de comptes. Le cycle, qui se décline sous forme de film, de performance et d’installation, cherche à cultiver les relations nécessaires pour imaginer un avenir viable, ainsi que de nouvelles manières de concevoir la culture en situation d’exil, de diaspora et en contexte colonial de peuplement.
மனசு (manasu) est présenté aux côtés de Mandala 01, un dessin de grand format de l’artiste qui donne à voir les relations, les connexions et la structure du cycle Forsythia. Conçu sous la forme d’un mandala composé de cercles concentriques et de lignes sinueuses, le dessin fait référence à la spiritualité hindoue et à des conceptions non linéaires du temps afin d’offrir une vue d’ensemble du projet de Pandian.
Karthik Pandian est un artiste qui œuvre à déstabiliser le temps colonial. Il utilise le film, la sculpture, le dessin et la performance pour explorer des voies vers la libération collective. Soutenu par une bourse Creative Capital en 2022 et par une résidence MacDowell en 2024, l’artiste travaille présentement sur un premier long métrage, Lucid Decapitation. Ce film est réalisé en collaboration avec Mike Forcia, Anishinaabe de Bad River et militant de l’American Indian Movement ayant orchestré le démantèlement du monument à Christophe Colomb au Capitole de l’État du Minnesota en juin 2020.
Le travail de Karthik Pandian a été exposé internationalement, entre autres au Whitney Museum of American Art (New York), au Hammer Museum (Los Angeles), au Palais de Tokyo (Paris), ainsi que sur des plateformes numériques comme Criterion Channel et Triple Canopy. Karthik Pandian est professeur d’art, de cinéma et d’études visuelles à l’Université Harvard, et est guide certifié pour l’enseignement du Seven Homecomings de Lama Rod Owens.
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Installation sonore multimédia, transducteurs de basses, ventilateur à servomoteur, amplificateur d’automobile, câbles pour haut-parleurs, alimentation d’ordinateur, iPhone, tuyau d’évacuation.
Courtoisie de l’artiste.Knockin’ PicturesOff the Wall (Kill Yr Idols) matérialise les recherches de Jeremy Toussaint-Baptiste sur les infrabasses et l’architecture, qui englobent la culture des lowriders, les systèmes sonores bricolés (DIY), les armes sonores et les effets sensibles de ces technologies sur les individus. Toussaint-Baptiste envisage les basses comme un aspect ambivalent et inévitable de l’expérience urbaine, qui touche particulièrement les communautés noires et racisées – qu’il s’agisse, par exemple, de la proximité d’autoroutes ou de zones industrielles lourdes. Par ailleurs, l’artiste célèbre la capacité des basses à revendiquer une forme d’agentivité spatiale.
Composée d’un système audio automobile bricolé et d’une plaque métallique flanquée de transducteurs, l'œuvre met en évidence les propriétés haptiques des basses. La sculpture de Toussaint-Baptiste émet des battements rythmés à mesure que les caissons d’extrêmes graves font vibrer le mur, provoquant le martèlement de la plaque métallique contre une fixation située en dessous – fruit d’un usage créatif et iconoclaste de ces mêmes caissons. Knockin’ Pictures Off the Wall renverse la logique des infrabasses et du son : alors que celles-ci constituent habituellement un sous-produit du son, ce sont ici des basses inaudibles qui génèrent un son audible.
Jeremy Toussaint-Baptiste est artiste, compositeur·e et interprète. Sa pratique s’intéresse aux relations errantes qui poussent les limites de la subjectivité. Les distinctions reçues par Jeremy Toussaint-Baptiste comprennent notamment le Core Program Fellowship de la Camargo Foundation, la résidence Sound Artist-in-Residence au Bemis Center for Contemporary Arts, le Bessie Award pour la composition musicale et la conception sonore, la résidence AIRspace de la Jerome Foundation à l’Abrons Arts Center, la résidence Issue Project Room (2017) et la Rauschenberg Residency 381.
Ses dernières expositions et performances ont eu lieu à Hauser & Wirth (Los Angeles, Californie), à l’Institute of Contemporary Art at VCU et à la 1708 Gallery (Richmond, Virginie), à Berlin Atonal (Berlin, Allemagne), au MoMA PS1 (Queens, New York), au Performance Space New York, à The Kitchen (Brooklyn, New York), au Philadelphia Museum of Art (Philadelphie, Pennsylvanie) et au Studio Museum in Harlem (New York). Jeremy Toussaint-Baptiste est professeur·e adjoint·e en Sculpture + Extended Media à la Virginia Commonwealth University et a récemment reçu la bourse du Triple Canopy Fellowship.
“Tout en s’inscrivant dans le sillage de plusieurs décennies d’art conceptuel et de critique institutionnelle qui ont interrogé la fabrique de l’exposition sous tous ses angles, The Art Gallery Problem n’est pas conçue comme une simple critique des normes de la galerie. Elle met plutôt en avant d’autres manières de voir les objets, au-delà des traditions établies de propriété, de spectature et de présentation.”
Fraser McCallum est commissaire et artiste d’ascendance eurocanadienne vivant à Toronto. Il est actuellement commissaire adjoint par intérim à la Blackwood Gallery de l’Université de Toronto à Mississauga, où il a organisé des expositions et des programmes publics, et a agi à titre d'éditeur et coéditeur de publications. Il détient une maitrise en Visual Studies de l’Université de Toronto (2016). Ses œuvres ont été présentées notamment à HKW (Berlin), au Sheridan College (Oakville) et à Modern Fuel (Kingston). Ses vidéos ont été diffusées à LIFT, à Hamilton Artists Inc. et à Trinity Square Video (Toronto). Il a également participé à des résidences soutenues par le Salt Spring Island Arts Council et le programme Banff Research in Culture. Ses textes ont été publiés par la Blackwood Gallery, PUBLIC Journal, Gallery 44, Vtape et Imaginations Journal.
Dazibao remercie le commissaire, les artistes et The Blackwood pour leur généreuse collaboration ainsi que son comité consultatif pour son soutien. Cette exposition a été présentée pour la première fois par The Blackwood, du 8 janvier au 5 mars 2025, avec le soutien de l’Université de Toronto à Mississauga, du Conseil des arts du Canada, du Conseil des arts de l’Ontario, du Jackman Humanities Institute, de l’Istituto Italiano di Cultura et du Mondriaan Fund.
Dazibao remercie également Nathalie de Blois pour la traduction en français de l'essai et des descriptions des œuvres.
Dazibao reçoit l’appui financier du Conseil des arts et des lettres du Québec, du Conseil des arts du Canada, du Conseil des arts de Montréal, du ministère de la Culture et des Communications et de la Ville de Montréal.
Dazibao reconnait être situé sur le territoire non cédé de la nation Kanien'kehá : ka et que Tiohtiá:ke / Montréal est historiquement connu comme un lieu de rassemblement pour de nombreuses Premières Nations, réunissant aujourd'hui une population diversifiée d'autochtones et d'autres peuples. Guidé par une éthique fondée sur le respect, l'écoute et la sensibilisation, Dazibao s'engage à poursuivre sa réflexion sur les défis systémiques et profondément enracinés liés à l'accessibilité et à l'inclusion dans les arts et au-delà, et s'efforce d'appliquer ces réflexions à tous les aspects de ses activités et de sa gouvernance.