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salle de projection
 

Alexandre Erre
Fair Trade

Du 27 avril au 23 juin 2023
Vernissage le 27 avril de 17 h à 19 h
Événement Facebook

Le vernissage sera suivi d’une projection dv_vd : Empreintes cinétiques. Rachel Echenberg à 19 h


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Alexandre Erre est né en 1990 à Nouméa, en Kanaky-Nouvelle-Calédonie. Il vit et travaille entre la France et son pays d'origine. Sa démarche artistique s'articule autour de son expérience comme personne queer venant de Mélanésie, et de la célébration des cultures et des communautés océaniennes. Plus largement, il explore les questions liées à la mémoire, à l'exotisation et à l'insularité. Ses recherches s'appuient sur son histoire personnelle et puisent dans sa vernacularité et son présent diasporique. Dans son travail, il cherche à ouvrir un espace de guérison et de plaisir en réponse à la violence qui peuple nos vies quotidiennes et notre imagination. Plus qu'une recherche formelle spécifique dans un domaine conscrit, il s'adapte aux problématiques et aux contextes qu'il explore, avec la volonté d’offrir une perspective éthique et bienveillante. 

Fair Trade utilise comme amorce une banale assiette en porcelaine de la collection Lenox British Colonial comme emblème et réceptacle pour des fantaisies coloniales de territoires océaniques tropicaux non spécifiés. De manière austère et chorégraphique, le thé est versé jusqu'au rebord de l'assiette peu profonde. Deux personnes se relaient pour le boire, basculant le liquide d’un côté à l'autre, créant une vague entre elles. Dans ce geste intime et presque solennel, où le liquide passe d'une bouche à l'autre jusqu'à ce qu’il n’en reste plus, les notions de partage interfèrent avec celles d'entreprise et d’échanges commerciaux. Dans sa propre description, l'artiste nomme le thé « lymphe », ce liquide corporel vital chargé de faire circuler les protéines dans les différentes parties du corps, évoquant du coup la mémoire corporelle persistante du colonialisme.

Le texte présenté dans Le radeau de la joie est un extrait de « Notice à l'usage des futurs colons en Nouvelle-Calédonie », un document publié en 1930. Rédigé pour inciter les habitant·es du territoire Français à s'engager dans l'entreprise coloniale française, il s'agit en quelque sorte d'un manuel exhaustif pour tirer au mieux profit du territoire colonisé du Pacifique. L'image vidéo, quant à elle, montre de jeunes gens nageant de part et d'autre d'un quai dans l'océan scintillant. Montée en marche arrière, les images proposent une sorte de ballet de pirouettes et de sauts invraisemblables. La scène est si belle que l'on peut se demander qui la regarde — si ce n'est des investisseurs ou des investisseuses à la recherche de fructueux rendements — mais aussi tellement saturée d’une joie authentique que l'œuvre devient une étude sur la glorification et ses nombreuses relations possibles avec la réalité. Si bien que l'artiste semble vouloir passer outre le regard cynique en célébrant son ile natale et tout le potentiel de sa jeunesse.


Fair Trade (2017) — 8 min. 42 sec.
Le radeau de la joie (2017) — 13 min. 32 sec.



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Autre exposition

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Médiation

 

À l’image — Takeover 4

À l’image — Takeover est un projet d'art participatif pour lequel, pour une deuxième année, un groupe de jeunes montréalaises est invité à intervenir et à réagir à la programmation des expositions de Dazibao, en collaborant entre elles ainsi qu'avec leur mentore, l'artiste Veronica Mockler.


 

Dazibao remercie l'artiste de sa généreuse collaboration ainsi que son comité consultatif pour son soutien.

Dazibao reçoit l’appui financier du Conseil des arts et des lettres du Québec, du Conseil des arts du Canada, du Conseil des arts de Montréal, du Ministère de la Culture et des Communications et de la Ville de Montréal.

Dazibao reconnait être situé en territoire non-cédé de la nation Kanien'kehá: ka et que Tiohtià:ke / Montréal est historiquement connu comme un lieu de rassemblement pour de nombreuses Premières Nations et, aujourd'hui, une population autochtone diversifiée ainsi que d’autres peuples.