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© Vijay Masharani, My coarsening, extrait de la vidéo (2023)

 
 
salle de projection
 

Vijay Masharani
Vidéos sélectionnées

Du 11 septembre au 31 octobre 2026
Vernissage le 11 septembre à 17 h


Cette sélection de courts métrages et de vidéos en boucle de Vijay Masharani met en séquence un glossaire d’images à la fois denses et disparates : les feux de forêt de 2019 en Californie, un tutoriel Zoom en famille sur les masques à gaz, une sculpture d’Alberto Giacometti, le siège social de Google, le youtubeur Arab Andy ou encore l’insigne du U.S. Army Signal Corps (Corps des transmissions de l’armée américaine). De cette suite de signifiants émerge une ambiance ornée d’annotations visuelles de la technocratie, des régimes coloniaux,  de la violence raciale, et celle exercée contre les personnes vivant avec une maladie. Les divers usages que fait l’artiste des caméras de téléphone, de la vidéo 360 imparfaitement assemblée, du dessin au crayon et de l’animation 3D témoignent d’une indifférence à l’égard du spectacle technologique et des valeurs de production élevées. Gestuelles dans leur approche, les œuvres esquissent la question : sur quoi miser notre temps limité?

« Give me that fucking content, Universe », répète l’artiste. Des références à la prière font leur apparition lors de différentes occurrences, mais il s’agit ici d’un tout autre type d’incantation. Compulsive, consumériste, survivaliste. Elle exige du contenu au sens contemporain : non pas comme un savoir intelligible, mais comme une prolifération marchande engendrant un flux infini d’informations insipides. Nous l’observons médusé·es, comme si cette toile involutive de liens recelait une vérité présagée par l’au-delà. 

L’artiste ralentit cet excès, le reconfigurant en de longues séquences et en boucles ultracourtes qui se stabilisent en objets vidéos éternels. De même, Masharani déroge à l’aléatoire par la lisibilité lorsqu’il se filme en train de visiter des quartiers et des stations de métro. Ces lieux apportent une spécificité incarnée aux projets capitalistes, tels que la propriété, la privatisation, la gentrification et la répartition inégale de la visibilité et de la valeur. À ne pas confondre avec le concept de dérive qui serait désinvolte; son mouvement physique ou représentatif se montre plus ancré qu’aliéné.

Le regard critique de Masharani se concentre de manière si incisive qu’elle semble transpercer l’image pour en exposer ce qui se cache derrière. Des apparitions, des lueurs et des portails semblent révéler soit la vie après la mort de l’image, soit les vestiges de son passé — des rubriques sous-jacentes, des géométries, des pouvoirs organisés. Il s’agit peut-être d’abstractions simultanées, d’énigmes du visible comme de l’invisible, de ce qui est compris et de ce qui nous transcende.


Vijay Masharani est artiste et auteur. Il a obtenu une maitrise en Race, Ethnicity, and Postcolonial Studies de l’University College London et a étudié à la Skowhegan School of Painting and Sculpture. Il a présenté en 2025 sa première exposition individuelle d’envergure, Big Casino, à la Kunsthalle Zürich, et a récemment exposé dans le cadre de Greater New York 2026 au MoMA PS1. Ses écrits ont été publiés notamment dans Parapraxis, e-flux, BOMB, et Momus. Il est représenté par la galerie Clima à Milan.


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Événement

Rentrée de Gaspé

Le 11 septembre, de 17 h à 23 h


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Autre exposition

Tyson Houseman
NDN Time

Du 11 septembre au 31 octobre 2026


 

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